Vers un accueil pour tous

Accompagner les familles et les structures éducatives pour que le droit aux loisirs devienne une réalité pour tous les enfants quelles que soient leurs différences. C’est un droit fondamental. Voila l’ambition de notre démarche « 100 % Loisirs - vers un accueil pour tous ».

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Centre Social de Bitola-Champbeauvert, une expérience à partager

Mme François, directrice du Centre Social Bitola Champbeauvert et Mme Gatinel, Présidente de l’Association des habitants du quartier du Champ du Pin/Champbeauvert nous expliquent leur projet d’accueil.

  • Depuis quand accueillez-vous des enfants en situation de handicap sur votre centre de loisirs ?

Le projet social 2009-2012 a positionné parmi ses priorités celle relative à l’accueil des usagers en situation de handicap. De plus, cet objectif de plus et de mieux accueillir s’inscrivait dans le cadre de l’application de la loi du 11 février 2005.

  • Comment a évolué ce projet d’accueil dans le temps ?

Jusqu’en 2012, il y avait environ 4 enfants en situation de handicap accueillis sur le centre social. Aujourd’hui en 2015, 24 enfants fréquentent les différents modes d’accueils (Halte-garderie, périscolaire, aide aux devoirs, accueil adolescents). En juin 2012, le comité de gestion du centre social a pris la décision de créer un poste de monitrice éducatrice. Cette embauche a permis de structurer et de développer notre accueil en faveur des enfants en situation de handicap.

  • Comment avez-vous accompagné les animateurs lors des premiers accueils puis par la suite ?

Un travail d’émergence des questionnements, des interrogations a été mis en place. Les animateurs ont également pu rencontrer une personne de l’APF (Association des Paralysés de France). De plus, une formation au changement a été organisée pour justement accompagner les équipes face à ces accueils de nouveaux publics. Mais, l’accompagnement des équipes est une préoccupation constante. C’est pour cela que régulièrement nous proposons des formations en interne. Par exemple, en 2013, une personne de Loisirs Pluriel, organisme en Bretagne, qui organise des accueils mixtes est venue sur une journée former nos animateurs.

  • Sur quels financements vous appuyez-vous pour mettre en place votre projet d’accueil ?

Le projet a pu voir le jour avec le soutien financier de la Fondation de France et de la CAF des Vosges. Puis, à partir de la deuxième année, la ville d’Epinal a remplacé la Fondation de France au côté de la CAF des Vosges.

  • Quelles adaptations avez-vous mis en place pour prendre en compte ces besoins particuliers ?

L’accueil de tous les enfants s’incrit dans une politique globale qui met l’accent sur la qualité. Et c’est pour cette raison que nous mettons en œuvre des taux d’encadrement supérieur au minimum légal. Par exemple, chez les moins de 6 ans, c’est un animateur pour 6 enfants et chez les plus de 6 ans, c’est un animateur pour 8 enfants. A ce sujet, nous ne participons à l’organisation des NAP (Nouvelles Activités Périscolaires) à la condition que les taux d’encadrement des ALSH soient pris en compte et appliqués. Vous voyez, nous avons une approche globale et cohérence en terme de la qualité de l’encadrement.

  • Quel bilan pourriez-vous dresser du projet d’accueil sur le centre social ?

Le bilan est très positif ! Notre politique globale d’accueil a contribué au changement de regard des personnes oridinaires vers le handicap. Sur le quartier, on peut constater une grande tolérance vis-à-vis des différences. C’est devenu commun, ordinaire. Rendre possible l’accueil des enfants en situaion de handicap, c’est aussi permettre le droit au répit pour les parents. Et l’exemple d’une maman de deux enfants autistes est révélateur. Lorsque nous avons accueilli ses enfants au centre social, elle nous a confié que c’était la première fois en 15 ans qu’elle pouvait prendre une demi-journée pour elle. Il y a aussi l’exemple de cette maman qui a pu continuer à travailler grâce à l’accueil en périscolaire que nous proposons à son enfant.

  • Aujourd’hui, quelles sont les améliorations à mettre en œuvre ?

Notre capacité de bien accueillir les enfants en situation de handicap est reconnue par les parents mais aussi par les partenaires du médico-social. Il faut maintenant, davantage mettre l’accent sur l’adaptation des activités. Par exemple, si les animateurs vont dans un gymnase faire pratiquer des jeux sportifs, il faut qu’ils pensent à inclure un enfant en fauteuil roulant, notamment en réfléchissant au rôle qu’on pourrrait lui confier. De la même manière, un groupe d’adultes de l’APF occupe une salle du centre social tous les vendredis. Or jusqu’à présent, nous n’avons pas encore organisé d’activités mixtes avec des habitants du quartier. Mettre en place des activités communes sera un objectif des prochains mois.

  • Vos perspectives ?

Nous pensons arriver au maximum de nos capacités d’accueil avec 24 enfants. Notre préocupation est de garantir un accueil de qualité pour les enfants et leur famille mais aussi d’être vigilant sur les conditions de travail des animateurs. Nous devons être attentif sur tous les signes de saturation de la part de nos équipes. Une inclusion réussie implique nécessairement le bien être de tous.

Voir aussi :
- La responsable enfance jeunesse
- L’animatrice référents handicap
- Le témoignage d’une maman

lundi 6 juillet 2015, par Fabrice Le Roux