Vers un accueil pour tous

Accompagner les familles et les structures éducatives pour que le droit aux loisirs devienne une réalité pour tous les enfants quelles que soient leurs différences. C’est un droit fondamental. Voila l’ambition de notre démarche « 100 % Loisirs - vers un accueil pour tous ».

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Au centre de loisirs de CHAVELOT

Delphine MICLO, directrice du centre de loisirs de CHAVELOT (88150)

  • Depuis quand accueillez-vous des enfants en situation de handicap sur votre centre de loisirs ?

En 2007, pour la première fois nous avons accueilli Léonie, une fillette de 4 ans qui avait des problèmes de hanches qui l’empêchaient de marcher longtemps, de courrir ou de monter les escaliers.

  • Comment est née cette volonté d’accueillir des enfants en situation de handicap ?

Avant d’être une demande, au départ, c’est un besoin ! C’est la réponse à un besoin. En tant que service public, on se devait de répondre au besoin de cette famille d’être accueilli à la cantine et à la garderie.

  • Avez-vous connu des résistances à l’accueil des enfants en situation de handicap ?

Aucune résistance de la part des animateurs, des élus, des autres parents. La seule question posée par le maire a été : Pouvons-nous bien accueillir l’enfant ?

  • Avez-vous rencontré des difficultés lors de l’accueil des enfants en situation de handicap ?

Pas de difficultés ! Par exemple, pour le transport de Léonie vers la cantine nous avons loué un bus adapté. Et c’est la commune qui a pris en charge la location de ce mini-bus équipé pour le transport d’une personne en fauteuil roulant. D’ailleurs la mairie a précisé dans son contrat de location de mini-bus avec le transporteur prestaire que le centre de loisirs de Chavelot est susceptible d’accueillir un enfant en fauteuil roulant.

  • Quels sont les besoins spécifiques des enfants en situation de handicap que vous accueillez ?

Cette année, une situation de handicap est vécue par Julia 5 ans victime d’un accident à l’école qui a nécessité une opération chirurgicale lui occasionnant une paralysie de tout le bras gauche jusqu’à l’épaule. Aussi, le temps de convalescence, il faut éviter qu’elle ne courre. On est aussi vigilant à ce qu’elle ne perde pas l’équilibre du fait de son bras bloqué.

  • Quelles adaptations avez-vous mis en place pour prendre en compte ces besoins particuliers ?

Mis à part le transport, nous n’avons pas mis en place d’adaptation spécifique pour Léonie car le réhausseur utilisé pour le repas était le même que pour les autres enfants. La seule adaptation peut-être c’est qu’on utilisait une table plus haute en garderie pour faire goûter Léonie. Dans le cas de Julia, en cas de sortie, on demande à la maman de nous prêter une poussette. Et pour les jeux on adapte les règles, par exemple, au jeu des cercles musicaux on marche au lieu de courir.

  • Au niveau de l’équipe d’animation, comment faites-vous pour que l’accueil d’un enfants en situation de handicap soit pris en compte collectivement par l’ensemble des animateurs ?

Nous ne sommes pas dans l’optique d’un animateur référent : pas de particularismes. Un des atouts de notre équipe c’est qu’elle se connaît bien ce qui nous permet de travailler de manière coordonnée.Tout au long de la journée, échanges d’informations réciproques au sein de l’équipe pédagogique

  • Quelles sont vos relations avec la famille ?

De mon point de vue, il est important de jouer franc jeu avec les parents. De plus, le fait que je connaisse bien les parents de Julia me permet d’établir un lien de confiance. Et ainsi d’échanger sur ce qui est possible et sur ce qui n’est pas possible en fonction des besoins de l’enfant.

  • Pour vous, avec votre expérience, ce qu’il faut faire pour bien accueillir un enfants en situation de handicap en ACM ?

Voir les parents pour se mettre au clair sur ce que l’enfant peut faire et ne pas faire et aussi ce que les parents sont capables d’accepter. Il faut faire prendre conscience qu’il y aura des choses non adaptables. Exemple : un mur d’escalade. J’accorde beaucoup d’importance au fait de leur faire prendre conscience que leur enfant parfois devra attendre. Mais au final, très peu d’activités ne sont pas adaptables.

  • Pour vous, avec votre expérience, ce qu’il ne faut pas faire pour bien accueillir un enfant en situation de handicap en ACM ?

Ne pas adapter à l’extrême. Ne pas s’interdire de faire telle activité ou telle sortie car un enfant en situation de handicap est inscrit. Car pour le coup on s’adapterait pas aux autres enfants. Par exemple, s’interdire d’aller à l’accrobranche car Julia est inscrite. Dans ce cas, j’ai vu avec les parents pour leur expliquer que l’adaptation pour faire participer leur fille à cette sortie n’était pas possible. Exceptionnellement, Julia n’ait pas venu ce jour-là. Mais le jour où nous sommes allé au zoo d’Amnéville, Julia est venu. Pour la soulager, on avait prévu une poussette.

  • Pour vous, quelles sont les priorités pour améliorer l’accueil des enfants en situation de handicap en ACM ?

Ne pas dramatiser l’accueil. Ce sont avant tout des enfants. En réunion de préparation, je ne dis pas aux animateurs on va accueillir tel ou tel handicap, je parle des besoins à prendre en compte de l’ensemble des enfants inscrits.

  • Pour vous, quels conseils pour une équipe qui n’a jamais accueilli un enfant en situation de handicap en ACM ?

Que ce n’est pas si dur ! On trouve des solutions, des adaptations. On le fait toute l’année sans s’en rendre compte. Ce sont des choses qu’on fait au quotidien sans même sans rendre compte. On s’adapte toute l’année donc il n’est pas plus dur de s’adapter pour une nouvelle situation. Au final, ce sont des peurs d’adultes plus que des appréhensions d’enfants. Par exemple, les enfants veillent sur Julia. Ils l’aident sans qu’il y ait besoin de leur demander. Ils aident spontanément.

mercredi 3 juin 2015, par Fabrice Le Roux